L'ami de Sarkozy et son coup d'état constitutionnel au Niger

Publié le par Patrick K


Uranium Song
par Significative


Extrait d’une dépèche de l’AFP par Philippe Alfroy - [27/03/09 - 19H27] , en marge de la signature d'un contrat arèva au niger !

Le président Sarkozy […./… a également rendu hommage à la démocratie nigérienne…//…]

Commentaire : Le VRP du nucléaire non content de se prévaloir d’une capacité à réformer le capitalisme mondial, a semble t il définitivement perdu la mémoire, De Kadhafi à Tandja, il n’y avait qu’un pas, celui-ci n’a pas hésité à le franchir pour entamer comme il le souhaite : « la »rénovation des liens France-Afrique. » 

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Niger : le président Tandja dissout la Cour constitutionnelle


LEMONDE.FR avec AFP | 29.06.09 | 22h13


Le président nigérien, Mamadou Tandja, a procédé, lundi 29 juin, à un remaniement de son gouvernement et limogé les sept juges de la Cour constitutionnelle, qui s'opposaient à son projet de référendum constitutionnel. Il s'agit des premières mesures du chef de l'Etat depuis qu'il s'est adjugé les pleins pouvoirs, vendredi dernier, après le refus de la Cour constitutionnelle d'avaliser son projet de consultation sur une nouvelle Constitution devant lui permettre de rester au pouvoir trois années supplémentaires.

Dans un communiqué diffusé par la radio nationale, le gouvernement précise que Tandja a également suspendu à titre provisoire les compétences de la Cour en matière constitutionnelle et électorale. De même, la haute juridiction se voit temporairement privée de ses prérogatives de contrôle de la régularité et de la transparence des référendums et élections politiques.Un peu plus tôt dans la journée, le président avait remanié le gouvernement, maintenant à son poste le premier ministre, Seini Oumarou, et nommant huit nouvelles personnalités appartenant toutes à des organisations soutenant le projet de référendum constitutionnel.

Ces nouveaux entrants succèdent aux huit ministres issus de la Convention démocratique et sociale (CDS) qui ont démissionné la semaine dernière pour marquer leur opposition à cette consultation.

Le président Tandja, âgé de 71 ans, achève le 22 décembre un second mandat de cinq ans, sans possibilité de briguer sa réélection aux termes de la Constitution en vigueur depuis 1999. Cette loi interdit également toute modification de la durée du mandat.

Mais le chef de l'Etat a convoqué les électeurs aux urnes le 4 août pour qu'ils se prononcent sur son projet de référendum.

Le 12 juin, la Cour constitutionnelle avait annulé son décret, jugeant le scrutin contraire à la Constitution.




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Un article des ECO 89

Depuis plusieurs semaines, Mamadou Tandja, président du Niger, essaie de négocier un troisième mandat de cinq ans. Un vrai putsch constitutionnel. Paris se tait. Bruxelles hausse la voix.

Normalement, ce genre d'affaires se débloque en plein mois d'août ou à Noël. Dans le silence de l'opinion internationale… Cette fois-ci, pourtant, Mamadou Tandja, déjà deux fois élu à la présidence du Niger (en 1999 et 2004), risque gros en voulant forcer le passage d'un troisième mandat, alors que le sien .

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Samedi, le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, le Belge Louis Michel, a diffusé une lettre où il menace de couper les crédits européens qui assurent les dépenses du régime (lire le document).

L'argumentation de l'ancien ministre belge des Affaires étrangères tient en deux temps. D'abord la critique adressée à Mamadou Tandja :

« Votre récente décision de suspendre la Cour constitutionnelle et de convoquer un référendum remet malheureusement en question cette approche et les fondements de notre coopération. »

Pour comprendre, rappel des faits survenu à Niamey ces dernières semaines :

  • Le 25 mai, la présidente de la Cour constitutionnelle fait savoir qu'elle s'oppose à la tenue d'un référendum modifiant le régime électoral
  • Le 26 mai, le président Tandja réplique en prononçant la dissolution du Parlement. Puis, il convoque les électeurs par décret, le référendum autorisant la modification de la Constitution est prévu pour le 4 août
  • Le 12 juin, les sept juges de la Cour constitutionnelle annulent le décret fixant la nouvelle organisation de l'élection présidentielle
  • Le 26 juin, le président nigérien s'arroge les « pouvoirs exceptionnels » en se prévalant d'une disposition applicable lorsque « l'indépendance de la République est menacée »
  • Les réactions se multiplient, avec la création d'un collectif de syndicats et de partis politiques qualifiant ces décisions de « coup d'Etat ».
  • Le 29 juin, Mamadou Tandja change de Premier ministre, remanie le gouvernement (huit nouveaux ministres) et limoge les sept magistrats de la Cour constitutionnelle qui s'opposent à sa tentative de putsch constitutionnel.

Conclusion logique du représentant de l'Union européenne :

« Vu les circonstances présentes qui affectent les conditions globales de gouvernance, et par mesure prudentielle de gestion, je me vois dans l'obligation de surseoir aux décaissements liés aux Conventions de Financement au titre de l'Aide Budgétaire. »

En clair, Louis Michel menace Mamadou Tandja de lui couper les vivres. Geste qui ne devrait pas vraiment suffire à effrayer cet ancien colonel de 71 ans, visiblement prêt à s'accrocher au pouvoir.

Nicolas Sarkozy reste très prudent

 

Côté français, on marche sur des oeufs. La première réaction officielle est venue tardivement, le dimanche 5 juillet, dans un message de Nicolas Sarkozy lu à l'occasion de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. La situation est « à la fois inquiétante et décevante » indique l'Elysée. En clair : attention, vous devriez faire marche arrière.

Pour autant, la semaine suivante, lors du sommet de l'Union africaine réunit à Syrte en Libye, les diplomates français n'ont pas trouvé la parade, coincé entre leur hôte Mouamar Khadafi, très tolérants vis-à-vis de son voisin nigérien, et le Gabonais Jean Ping, « extrêmement préoccupé » mais aussi très impuissant. Aucun message n'a évoqué la situation nigérienne.

 

Visiblement, le président français n'a pas gobé le mensonge du président nigérien, lui assurant lors de sa visite à Niamey au printemps, qu'il préparait son départ. Mais Nicolas Sarkozy n'oublie pas non plus les énormes gisements d'uranium exploités par Areva, indispensables à l'industrie nucléaire.

La France va-t-elle soutenir ce nouveau candidat au pustch constitutionnel ?

Pour mémoire, des images prises en 1996 par un journalist français, Stéphane Pochin, à Arlit, près d'un gisement exploité par Areva. (Voir « Uranium song »)




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